Décidément rien ne va plus chez les éditeurs de presse et leurs intermédiaires de diffusion, les kiosques numériques.
Que se passe-t-il quand on veut entrer sur le marché du e-publishing mais qu'on ne souhaite pas utiliser un système de lecture/diffusion professionnel, ou que l'on n'a pas d'argent (quoi que j'ai de sérieux doutes sur ce point, au vu des développements techniques qui sont/ont été/seront réalisés "up front"), et que l'on souhaite proposer une « offre globale », « pléthorique »...) ?
Bref, le système du « tout et son contraire », selon le principe « qu'on n'a pas d'argent mais qu'on veut y être massivement mais en étant pas sûr que ça marche quand même » etc.
Il arrive ça : la presse en ligne sur des « kiosques numériques », mais dont les contenus (les magazines « à feuilleter ») sont réalisés avec des pages... scannées !
« Pourquoi ? Parce que c'est pas cher ! »
Le comble.
Imaginez qu’on vende un morceau de musique sur iTunes® avec un son digne d’un bon vieux 78 tours ?
Quelques exemples :
Evidemment cela sous-entend plusieurs choses :
- D'abord que l'éditeur d'un magazine (ou de plusieurs magazines...) n'a pas d'argent pour créer et distribuer lui-même ses publications dans un format interactif (professionnel ou non), même s'il souhaite évidemment ne pas rater le train du changement qu'impose Internet.
- Ensuite que cet éditeur préfère donc déléguer cette diffusion à un « intermédiaire » (le kiosque numérique) auquel la visibilité et la disponibilité de son (ses) produit(s) sera échue ; l'éditeur perd alors la possibilité développer son audience Web, via un site Web qui :
- bien sûr, ne proposerait pas ses contenus papier sur le Web gratuitement
- lui permettrait de développer sa marque et son image, et de VENDRE ses publications en direct, sur SON PROPRE site Web. (On rappelle qu'en ce moment, tout le monde réfléchit - enfin - à la possibilité de vendre ses publications et de faire d'Internet un vrai canal de distribution/diffusion pour la presse avec des VRAIS REVENUS :-) ...
- Egalement que l'éditeur se fiche pas mal du produit final – en tout cas de sa version diffusée sur le Web. Les pages scannées, ça la fiche mal, quand même (non ?) ! Déjà, les demandes d'améliorations sont nombreuses quand on propose une technologie professionnelle avec un rendu ultra qualitatif, mais avec des pages scannées ! Il faut ne pas avoir beaucoup de respect pour ses maquettistes, rédacteurs, lecteurs et annonceurs… (Au passage qu’en disent ces derniers ?)
- Qu'on préfère s'inquiéter du coût (le prix, l’argent dépensé, la perte – dans cet ordre ) d'un système de diffusion/lecture plutôt que du contenu (au contraire des US comme d’habitude où l’on sait « marketer » - au sens mettre sur le marché – les produits et le rentabiliser).
Qu’en conclure ? Les réflexions lancées récemment par la presse aux Etats-Unis sur le passage d’un modèle entièrement gratuit et financé par la publicité à un modèle payant ainsi que l'arrivée des nouveaux systèmes autonomes de lecture (e-Books) laissent penser qu’un jour (certainement pas si lointain), la monétisation des magazines, leur diffusion, leur lecture sur Internet sera réalité. Une réalité quotidienne, banale.
Le scans des pages sera-t-il une solution viable ? Certainement pas.
Laissons aux éditeurs le temps d’y penser et de réfléchir, enfin, à de nouvelles offres via les nouveaux systèmes de diffusion et de lecture, professionnels, ceux-là.
MAJ de ce soir : après avoir écrit cet article, je lis ce soir la nouvelle suivante ; Libération devient partiellement payant sur internet. Comme quoi...
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